Fr 1re – Atelier d’écriture : Le retard

Le retard attire l’attention ! Après notre atelier d’écriture, c’est à la radio qu’on pouvait le retrouver.

D’abord dans une émission de France Inter qui faisait l’éloge du retard mardi 14 janvier :

“Vous le savez, l’une des hantises de l’animateur radio, c’est que son invité soit en retard mettant en danger sa tension artérielle et son taux de cortisol dans le sang.. Nous montrons vite notre impatience, notre courroux plus ou moins feutré face aux retardataires… Gérer son emploi du temps, éliminer les temps morts, combattre tous retards potentiels : voici nos obsessions contemporaines dans tous les pans de notre vie… Au travail, à l’école, en famille, dans notre couple, dans nos loisirs…

Avec

  • Hélène L’Heuillet, psychanalyste et philosophe, autrice de l’_Eloge du retard (_ed Albin Michel)
  • Aurélia Schneider, psychiatre, autrice de La charge mentale des femmes … et celles des hommes (ed Larousse)
  • Tel : Guillemette Odicino

Chronique Eric Libiot

Partenariat Femme Actuelle : Marie-Laure Zonszain”

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-14-janvier-2020

Et aussi une émission de La Grande Table des Idées de France Culture consacrée au même thème la semaine dernière :

“Réhabiliter le retard pour retrouver le temps de vivre face aux injonctions actuelles à la performance et à la rentabilité. Hélène L’Heuillet, psychanalyste et maître de conférence en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne, nous en parle dans son “Eloge du retard” (Albin Michel, Janvier 2020).

Le retard sera-t-il salvateur de nos vies ? Alors que nous pensons manquer de temps, notre plus grande crainte est d’en avoir trop. C’est le paradoxe que souligne Hélène L’Heuillet, psychanalyste et maître de conférence en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne, dans Eloge du retard (Albin Michel, Janvier 2020). Un essai en quatre temps pour autant de déclinaisons d’une angoisse qui nous hante et rythme notre vie : être en retard. 

La grève nous montre à quel point nos emplois du temps sont chargés et nous a permis de reconquérir un temps autre. Elle nous a rendus disponibles à un autre temps.          
(Hélène L’Heuillet)

A travers l’analyse du rapport au travail, au sommeil, mais aussi à la tristesse et la mélancolie, elle nous invite à résister à la vitesse et à l’urgence pour prendre le temps de vivre et donc d’exister. Le retard, écrit-elle, a notamment à voir avec la liberté, car il rend souverain et un remède pour le vivre bien, nous invitant à décélérer. Et c’est précisément dans le retard qu’au moment où tout devient éphémère, on peut recommencer à sentir la durée.  Or on ne peut pas saisir ni encadrer le retard : s’il est intégré dans une marge temporelle, il n’est plus retard. 

Bien souvent, le retard est l’apanage des puissants. Comment teste-t-on la docilité de l’autre ? En le faisant attendre.          
(Hélène L’Heuillet)

Néanmoins, faire bon usage du retard, précise-t-elle, ne signifie pas ralentir ou revenir à la lenteur. Il ne s’agit pas non plus de faire un éloge de la patience dans celui du retard, mais d’une hâte en lien avec les échéances essentielles. La hantise du retard reposerait sur une conception conservatrice du progrès assimilé à l’ascension d’un escalier : ainsi Claude Lévi-Strauss la considère-t-il comme au principe de l’ethnocentrisme, étant désignés comme “retardés” ceux qui ne savent pas suivre le rythme. Surtout, le retard ne peut être érigé en système, car il perd alors sa fonction subversive. Il doit surprendre même celui qui se met en retard.”

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/pourquoi-prendre-le-temps-detre-en-retard

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