Fr 2nde – Cours du 19 septembre : Les figures de style

Figure de style Effet produit
Anaphore Insistance + fait retenir quelque chose au lecteur
Allitération, assonance en début de texte Capter l’attention (=captatio benevolentiae dans l’Antiquité)
Allégorie + personnification dans une formule choc Faire retenir quelque chose au lecteur, frapper les esprits
Hyperbole Exagération

Exemple de rédaction de commentaire :

Dans ce texte, Zola utilise l’anaphore ligne 2 (« a tout mené, a tout fait ») afin d’insister sur la responsabilité de Paty de Clam dans l’affaire Dreyfus et de faire retenir cet élément au lecteur.

Fr 2nde – Cours du 17 septembre : Introduction au commentaire linéaire sur “J’accuse”

Titre : “J’accuse”
Date : 13 janvier 1898
Genre littéraire : Argumentation ; article de presse
Résumé : Emile Zola défend Dreyfus et dénonce l’injustice commise à son égard en démontant le dossier de l’accusation
Courant littéraire : Naturalisme (pour les romans)
Contexte : Affaire Dreyfus, entre 1894 et 1906

Ce texte est un article de presse et un débat d’idées sur l’affaire Dreyfus. Cet article a été publié par Zola le 13 janvier 1898 et est intitulé « J’accuse ». Il est extrait du journal L’Aurore. Zola est l’inventeur du naturalisme pour le roman et la nouvelle et est déjà écrivain quand il publie cet article. L’auteur expose un point de vue tranché sur l’affaire Dreyfus en défendant l’innocence du condamné ; il remet en question la régularité du procès.

Fr 1re – Cours du 16 et 17 septembre : Commentaire linéaire de Montaigne, texte 1

Commentaire linéaire – Montaigne, Essais, I, 31, « Des cannibales »

Introduction

Dans un contexte de guerre de religion, Michel de Montaigne publie son œuvre Les Essais. L’extrait proposé à notre étude est tiré du chapitre des “Cannibales” de cet écrivain philosophe du XVIe siècle qui appartient au mouvement littéraire de l’Humanisme, mouvement qui met au cœur de ses préoccupations les valeurs humaines. Ce texte présente des scènes violentes et cannibales entraînées par la découverte du Nouveau Monde mais aussi par les Guerres de Religion ; ce passage est saisissant car on y  raconte notamment une scène où des cannibales qui abattent et dévorent leurs ennemis. La scène est narrée d’un point de vue extérieur et en détails, ce qui rend cette vision réaliste pour le lecteur. Le texte est divisé en 3 parties, qui correspondent aux 3 paragraphes : dans un premier temps, Montaigne montre la pratique anthropophage des Indiens, puis il expose la vengeance des Portugais envers les Indiens et réciproquement, pour enfin rappeler la barbarie des Européens durant les Guerres de religion et relativiser la barbarie des Indiens.

  1. La pratique anthropophage des Indiens

Le texte s’ouvre sur un présentatif, « c’est », par lequel Montaigne opère une thématisation, c’est-à-dire qu’il met l’accent sur un thème, ici « la fermeté de[s] combats » des Indiens. Nous avons donc un début de jugement positif dans cette phrase, qui s’oppose ensuite aux connotations négatives de « meurtre » et « effusion de sang ». La jugement énoncé par Montaigne dans sa première phrase à l’égard des Indiens est donc ambiguë.

Montaigne décrit ensuite une scène qui suit un combat chez les Indiens et nous amène à visualiser la tête d’un ennemi d’un Indien planté au bout d’un pieu devant le « logis » de cet Indien. Cette description a valeur d’exemple et tendrait à montrer la barbarie des Indiens.

L’auteur s’attache ensuite à un récit de la manière dont les Indiens Cannibales traitent leurs prisonniers. Ce récit se fait en plusieurs étapes, 5 en tout : le fait d’attacher le prisonnier par des cordes tenues par deux amis, le fait de l’assommer avec le plat d’épées, le fait de le « rôtir » « par le menu », c’est-à-dire entièrement, dans le détail, le fait de le manger « en commun », c’est-à-dire entre les « connaissances » qui ont été rassemblées, et le fait d’envoyer des « lopins », c’est-à-dire des morceaux », aux amis absents. L’insistance sur le thème de l’amitié étonne ici car il contraste avec l’horreur de l’anthropophagie. On souligne que Montaigne insiste sur le fait que les Indiens traitent correctement leurs prisonniers ; il raconte une scène qui rappelle l’abattage d’un animal d’une part, et la dévoration d’une proie par une meute de prédateurs d’autre part, de manière très neutre, en adoptant un point de vue omniscient, et ce alors même qu’il n’indique pas d’où tient ses informations. Il pourrait y avoir là une animalisation du prisonnier comme des Indiens, voire une déshumanisation de ces individus.

  1. La vengeance des Portugais vis-à-vis des Indiens et réciproquement

Dans la deuxième partie du texte, Montaigne commence par faire une analogie entre les Indiens et les Scythes. Ce peuple antique, décrit par Jules César dans La Guerre des Gaules, était réputé pour sa férocité et par le fait qu’il était important de mourir au combat et déshonorant de mourir de vieillesse ou de maladie. Les Indiens, dont la « fermeté des combats » a été indiqué dans la première partie, sont donc comme les Scythes pour leur pugnacité, et il se trouve que ces deux peuples pratiques l’anthropophagie. Montaigne montre les limites de cette analogie : les Scythes mangeaient de la chair humaine pour se nourrir, les Indiens Cannibales le font par vengeance.

Ce terme ouvre et ferme le paragraphe dans un effet de boucle, qui montre que c’est bien la vengeance le thème central de cette partie. Montaigne examine alors la manière qu’ont les Portugais, à qui est revenu le Brésil suite à la partition de l’Amérique du Sud par le Pape au début du XVIe siècle, de se venger. Montaigne procède alors à un nouveau récit, cette fois-ci de la mise à mort d’un Indien par des Portugais. Ce récit comporte moins d’étapes que le précédent (2) mais est presque aussi long : les étapes sont l’enterrement à mi-corps, le fait de tirer des flèches et la pendaison. Le regard des Indiens sur les Portugais est admiratif selon Montaigne, mais cette admiration est l’objet d’une ironie de la part de l’auteur, qui insiste sur le paradoxe qu’il y a à être « maîtres » en « malice », terme extrêmement négatif car synonyme de perversité, de penchant au mal dans la langue du XVIe siècle.

III. La barbarie des Européens et celle des Indiens

La dernière partie du texte est consacrée à l’idée de barbarie. Le terme est utilisé par polyptote à 4 reprises dans ce court passage : barbare (l. 20, 27) et barbarie (l. 22, 28). Rappelons que le mot de “barbare” est issu du grec et désignait “ceux qui ne parlaient pas grec” pour les locuteurs de cette langue. Montaigne fait donc référence à l’Antiquité, comme lorsqu’il parle des Scythes, au moment de convoquer la manière dont les Anciens désignaient les étrangers ; le parallèle avec les Indiens vus par les Européens en est plus frappant. Les Indiens sont vus comme des barbares par les Européens, comme les étrangers étaient vus comme des barbares par les Grecs.

Mais Montaigne donne alors un exemple de cruauté qui n’est pas indienne mais européenne : pendant les Guerres de religion, plusieurs scènes de torture ou de massacre ont eu lieu. On peut par exemple penser à la Saint-Barthélémy, massacre qui se tient en 1572 (Montaigne publie son premier livre des Essais en 1580). L’auteur ne livre plus de récit mais énumère des supplices (écartèlement, bûcher, personnes jetées aux chiens ou aux pourceaux affamés) dont il a pu être le témoin direct. La sentence finale est tranchée : si les Indiens sont barbares, les Européens le sont encore davantage. La barbarie est donc une notion relative.

Conclusion

Dans ce passage des “Cannibales” où Montaigne examine les pratiques d’une tribu du Brésil dont le nom est devenu synonyme d’anthropophage, c’est la notion de barbarie qui est placée au centre de la réflexion, et ce pour procéder à une relativisation des points de vue. Les Indiens, qui semblent barbares parce qu’ils mangent de la chair humaine, ne le sont pas plus que les Européens qui torturent et massacrent, tant des Indiens que d’autres Européens. A examiner ces cas de plus près, les Indiens sont même moins barbares que les Européens et ne le sont que pour les imiter dans leur cruauté, pour s’en venger.
Montaigne livre une réflexion sur la nature humaine autant que sur la diversité des cultures dans un texte polémique, qui va à contre-courant de la pensée de son temps.

Fr 2nde – Cours du 17 septembre : Introduction sur l’Affaire Dreyfus

L’affaire Dreyfus éclate à la fin du XIXe siècle et concerne un officier de l’armée française condamné pour un crime qu’il n’a pas commis. Sa particularité était d’être juif et sa condamnation repose sur l’antisémitisme de l’époque. Après des années au bagne, il sera grâcié suite notamment à l’article de Zola, « J’accuse ».  

Humanités – L’art de la parole, introduction

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On peut voir que le personnage central est Hercule qui était associé à l’éloquence par les Gallo-Romains, d’où le fait qu’il se trouve au centre de l’image et que tout le monde autour de lui l’écoute. De plus, on peut remarquer que tous les personnages sont reliés à Hercule par un fil de l’oreille à la bouche, ce qui manifeste de l’attention à son égard. Ainsi la parole n’exerce son pouvoir qu’avec le consentement de son ou ses partenaire(s) : il s’agit d’une ficelle fragile, cassable à tout moment d’inattention. De ce fait, on constate que Hercule incarne l’allégorie de l’éloquence.

La parole est l’usage par un individu de son langage.

L’éloquence est le pouvoir et l’art de bien parler.

La rhétorique est la technique qui permet de produire des discours éloquents.

Fr 2nde – Méthodologie du commentaire linéaire : l’introduction

  1. Ou 2. Présentation de l’œuvre
    – Titre, date
    – Genre littéraire + forme
    – [Résumé]
  2. Ou 1. Présentation de l’auteur
    – Courant littéraire
    – Epoque (siècle)
    – [Contexte de rédaction de l’œuvre]
    3. Problématique
    – L’énoncer
    – En définir les mots-clés
    4. Annonce du plan
    Conseils :
    1. Aller du plus général au plus particulier : présentation de l’auteur – de l’œuvre – annonce de la problématique – annonce du plan
    2. Ecrire une introduction qui ne marche pas pour toutes les œuvres de l’auteur mais seulement pour ce texte en particulier

Fr 2nde – Cours du 12 septembre : Introduction à la littérature d’idées

Objet d’étude : La littérature d’idées et la presse du XIXe au XXIe siècles

Introduction

  1. Argumentation

Les genres de l’argumentation sont divisés en genres directs (essais, maximes, satires, discours) et indirects (fables, contes philosophiques, utopies, portraits, romans, apologues). On y associe l’art de l’éloquence*, soit l’art de convaincre** et de persuader***, et la pratique du débat d’idées.

* loquere = parler

** con-vincere = dénoncer, recours à raison

*** suadere = conseiller ; recours aux émotions

2) La littérature d’idées

La littérature d’idées associe deux éléments : la littérature, qui correspond à la forme, et les idées, qui correspondent au fond. Ce genre relève de l’argumentation directe.