Fr 2nde – Cours du 23 janvier : Récits au bord de l’eau

1° Guy de Maupassant, « Une partie de campagne », nouvelle adaptée au cinéma par Jean Renoir en 1936

Il y a 5 personnages principaux : M. Dufour, Mme Dufour, la fille et le fils Dufour et la grand-mère.

Ils viennent de Paris et ils se rendent à Bezons avec une voiture qu’on leur a prêtée. Ils le font à titre exceptionnel pour la fête de Mme Dufour (Pétronille).

Le récit commence avec le trajet vers Bezons ; on parcourt les Champs-Elysées, la porte Maillot, le pont de Neuilly, Courbevoie, Argenteuil, Marly et son aqueduc, la terrasse de Saint-Germain, Cormeilles puis Bezons. On imagine un trajet assez long. La campagne commence pour eux à Pont de Neuilly mais il faut d’abord traverser la « zone » (endroit semi-industriel avec des usines, des maisons abandonnées ou inachevées).

C’est un récit réaliste qui reprend des éléments de la réalité avec exactitude et qui traite des populations de la classe moyenne ou populaire.

Fr 1re & Hum – Sortie : Finale du Prix Mirabeau organisé par Sciences Po Saint Germain

“12 orateurs s’affrontent au cours de 2 discours et de 2 joutes pour provoquer l’émotion et oser la contradiction.

Discours 1 : Léa Cobbi (Paris) à la positive et Anastasia Guiller (Bordeaux) à la négative. La première évoque les dangers pour la planète et la deuxième fait rimer actualité et célébrité pour traiter du sujet “La jeunesse seule ne pourra” (Christiane Taubira).

Joute 1 : Léo Briggs (Bordeaux) à la positive et Antoine Chassat (Paris) à la négative sur “Qui ne sait pas mentir ne sait pas agir” (Alexandre Dumas).

Discours 2 : Tristan Baloche (St Germain) et Célia Rois (St Germain) à la positive et Sarah Grionne Thomand et Mathis Drelle (Grenoble) à la négative sur “La misère est-elle si belle?”.

Joute 2 : Arthur Kenishers (St Germain) à la positive et Sami Asani Saheyl (Grenoble) à la négative sur “L’humour, c’est l’arme blanche des hommes désarmés” (Romain Gary).

Les prix sont les suivants : 4e prix à Saint Germain, 3e prix à Paris, 2e prix à Grenoble et 1er prix à Bordeaux.

Fr 2nde – Cours du 21 janvier : Diaporama autour de Guy de Maupassant

Guy de Maupassant est né en 1850 en Normandie et mort en 1893 à Paris.  Journaliste littéraire et écrivain ; n’a pas eu de femme et a eu 3 enfants non-déclarés. Maladie (syphillis) qui l’a tué. A écrit 300 nouvelles et 6 romans ; nouvelles et contes dans les journaux. S’inspire de ses voyages pour écrire. Né au Havre et a vécu à Yvetot. Genre du réalisme, du naturalisme et du fantastique. Son frère, Hervé, est mort à 33 ans.

Gustave Flaubert (1821-1880), ami de la mère de Maupassant, l’introduit dans le monde littéraire ; a écrit Mme Bovary et L’éducation sentimentale. Habitait Rouen.

Emile Zola (2e partie du XIXe siècle : 1840-1902) a créé le naturalisme ; Maupassant a adopté le même courant. Succès avec Nana et Germinal ; d’abord livreur pour librairies, puis publicitaire puis journaliste puis écrivain.

Médan : lieu de résidence de Zola où il vit 6 mois par an ; il s’y retrouve pour écrire avec Maupassant.

Les soirées de Médan : avec Zola, Maupassant, Huysmans.

Renoir, Le déjeuner des canotiers : loisirs de Maupassant : canotage et temps passé entre amis, la séduction. La Maison Fournaise à Chatou.

Renoir, Canotiers : Maupassant rentrait à Paris avec son bateau, qui était son moyen de transport (yole). Maupassant baptisera son yacht Bel-Ami I. Impressionnistes : Monet, Pissarro, peignent des bords de Seine (Chatou, Herblay, Le Pecq, Eragny, Argenteuil) ; Monet habite à Giverny.

Pierre et Jean : histoire de 2 frères, l’aîné part à l’étranger car il apprend que son père n’est pas son père ; le deuxième frère est plus aimé par sa mère. Lien avec Maupassant et son frère : aurait-il connu la même chose ?

« Le Horla » : premier texte fantastique de Maupassant ; personnage principal est malade mais on ne le découvre qu’à la fin ; il pense que quelqu’un d’autre vit chez lui. Durant tout le livre, on se demande si c’est de la folie ou du surnaturel (principe du fantastique). Il en existe plusieurs versions.

Fr 1re – Atelier d’écriture : Le retard

Le retard attire l’attention ! Après notre atelier d’écriture, c’est à la radio qu’on pouvait le retrouver.

D’abord dans une émission de France Inter qui faisait l’éloge du retard mardi 14 janvier :

“Vous le savez, l’une des hantises de l’animateur radio, c’est que son invité soit en retard mettant en danger sa tension artérielle et son taux de cortisol dans le sang.. Nous montrons vite notre impatience, notre courroux plus ou moins feutré face aux retardataires… Gérer son emploi du temps, éliminer les temps morts, combattre tous retards potentiels : voici nos obsessions contemporaines dans tous les pans de notre vie… Au travail, à l’école, en famille, dans notre couple, dans nos loisirs…

Avec

  • Hélène L’Heuillet, psychanalyste et philosophe, autrice de l’_Eloge du retard (_ed Albin Michel)
  • Aurélia Schneider, psychiatre, autrice de La charge mentale des femmes … et celles des hommes (ed Larousse)
  • Tel : Guillemette Odicino

Chronique Eric Libiot

Partenariat Femme Actuelle : Marie-Laure Zonszain”

https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-14-janvier-2020

Et aussi une émission de La Grande Table des Idées de France Culture consacrée au même thème la semaine dernière :

“Réhabiliter le retard pour retrouver le temps de vivre face aux injonctions actuelles à la performance et à la rentabilité. Hélène L’Heuillet, psychanalyste et maître de conférence en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne, nous en parle dans son “Eloge du retard” (Albin Michel, Janvier 2020).

Le retard sera-t-il salvateur de nos vies ? Alors que nous pensons manquer de temps, notre plus grande crainte est d’en avoir trop. C’est le paradoxe que souligne Hélène L’Heuillet, psychanalyste et maître de conférence en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne, dans Eloge du retard (Albin Michel, Janvier 2020). Un essai en quatre temps pour autant de déclinaisons d’une angoisse qui nous hante et rythme notre vie : être en retard. 

La grève nous montre à quel point nos emplois du temps sont chargés et nous a permis de reconquérir un temps autre. Elle nous a rendus disponibles à un autre temps.          
(Hélène L’Heuillet)

A travers l’analyse du rapport au travail, au sommeil, mais aussi à la tristesse et la mélancolie, elle nous invite à résister à la vitesse et à l’urgence pour prendre le temps de vivre et donc d’exister. Le retard, écrit-elle, a notamment à voir avec la liberté, car il rend souverain et un remède pour le vivre bien, nous invitant à décélérer. Et c’est précisément dans le retard qu’au moment où tout devient éphémère, on peut recommencer à sentir la durée.  Or on ne peut pas saisir ni encadrer le retard : s’il est intégré dans une marge temporelle, il n’est plus retard. 

Bien souvent, le retard est l’apanage des puissants. Comment teste-t-on la docilité de l’autre ? En le faisant attendre.          
(Hélène L’Heuillet)

Néanmoins, faire bon usage du retard, précise-t-elle, ne signifie pas ralentir ou revenir à la lenteur. Il ne s’agit pas non plus de faire un éloge de la patience dans celui du retard, mais d’une hâte en lien avec les échéances essentielles. La hantise du retard reposerait sur une conception conservatrice du progrès assimilé à l’ascension d’un escalier : ainsi Claude Lévi-Strauss la considère-t-il comme au principe de l’ethnocentrisme, étant désignés comme “retardés” ceux qui ne savent pas suivre le rythme. Surtout, le retard ne peut être érigé en système, car il perd alors sa fonction subversive. Il doit surprendre même celui qui se met en retard.”

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/pourquoi-prendre-le-temps-detre-en-retard

Hum 1re – Analyse du Consentement de Springora

Ce passage du Consentement met en avant les différents points faibles du personnage de la jeune fille : elle n’a pas de père (« de père, je n’en ai pas »), elle est en manque d’attention (« Jamais aucun homme ne m’a regardée de cette façon ») et se dévalorise (métaphore du « crapaud » qui emprunte au conte de fées). De ce besoin d’être voulue et aimée, le prédateur fait un usage qui subvertit le sens du terme « désir » : lorsque l’auteure écrit « ce trouble de m’être sentie désirée », elle pense à un désir d’affection quand le prédateur va projeter un désir sexuel.

Les atouts du prédateur sont eux aussi mis en avant : c’est un écrivain alors que la jeune fille apprécie la littérature (elle lit un roman de Balzac mettant en scène une jeune fille se faisant dépouiller de son argent) ; il la regarde et lui sourit, il « charme » les convives (« charme » vient de carmen qui signifie « envoûtement »). A la librairie, elle est « surprise » (terme juridique désignant l’abus d’autorité), « émue », « impressionnée ».

L’entreprise de séduction est décrite par plusieurs métaphores. Celles du « charme » d’abord :  le champ lexical de la magie est d’ailleurs utilisé dans le texte lorsque la jeune fille est « bercée » par le bruit des conversations, « à demi assoupie » et compare le dîne à un « rêve ». La référence au conte de fée, et particulièrement à un événement mondain merveilleux (le bal dans Cendrillon), est alors présente. La métaphore animale est également utilisée : au « crapaud » qu’est la jeune fille répond le « carnassier », le « grand fauve blond » qu’est Matzneff.

Enfin, le sème du « destin » est également convoqué. « Coïncidence », « destin », « cadeau du destin », « jamais », « fin », « au revoir » : tous ces termes, qui se réfèrent à un hasard heureux dans un conte de fées, ont ici valeur tragique. Tout est en effet réuni pour que le piège se referme sur la proie, qui est alors décrit à travers la métaphore de la pêche : « j’ai mordu à l’hameçon ».

HdA 2nde – Cours du 15 janvier : L’art arabo-andalou

L’image 1 est la carte de l’empire arabo-musulman du VIIe au Xe siècle.

L’image 2 est une carte de l’Espagne qui montre les différentes parties de l’Empire selon les époques suivant les étapes de la Reconquista, qui s’achève en 1492. On voit que l’Andalousie est la région d’Espagne où la présence arabe est plus longue.

L’image 3 est une enluminure utilisée sur une affiche pour représenter l’affrontement des Maures et des Chrétiens, fêté tous les étés. A cette occasion, les habitants d’une ville se déguisent en habits traditionnels maures ou chrétiens.

L’image 4 montre cette fête à travers des personnes déguisées ; c’est une fête importante en Espagne, qui est préparée toute l’année.

L’image 5 montre l’Alhambra à Grenade. Le fort n’a pas été construit pour que l’extérieur soit beau mais pour dissuader de l’attaquer.

Les images 6 et 7 montrent l’intérieur de l’Alhambra. Plusieurs jardins suspendus sur des niveaux différents l’occupent ; les fontaines, les fleurs, le bruit de l’eau donnent un côté paradisiaque à cet endroit. On y trouve des piliers fins et nombreux, décorés mais sans figure humaine, qui évoquent des palmeraies. On préfère les motifs végétaux et animaux.

L’image 8 montre la place de Séville avec à droite et au centre des bâtiments baroques et au centre un minaret. Au fond, un édifice plus ancien semble gothique. A gauche, un bâtiment recouvert à la chaux évoque les églises sud-américaines.

Les images 9, 10, 11 et 12 montrent la mosquée de Cordoue. C’est un édifice religieux qui a été une mosquée puis une cathédrale. On y voit un monument doré avec une croix qui manifeste la puissance de la religion catholique plutôt que cela n’incite à la dévotion. Sur une porte d’art musulman, on relève beaucoup de dorures.  

L’image 13 est la représentation d’un philosophe et médecin, Averroès, de manière épurée.

L’image 14 est également le portrait d’un autre philosophe et médecin, Avicenne, tiré d’une enluminure.

L’image 15 est l’affiche d’un film intitulé le Destin réalisé par Youssef Chahine qui parle de la vie d’Averroès.

L’image 16 est la couverture d’un livre de saint Thomas d’Aquin, théologien du XIIIe siècle ; ce livre montre ce que pense Thomas de ce que dit Averroès à propos d’Aristote.

L’image 17 est la couverture d’un livre du XIIe siècle de Pierre Abélard qui met en scène un musulman, un juif et un chrétien.

Les images 18 et 19 montrent des manuscrits arabes sur lesquels sont figurés des personnages d’une part et un calendrier entouré de colonnes d’autre part.

Fr 1re – Etude du texte de Marivaux, L’île des esclaves, I, 1

Watteau, L’embarquement pour Cythère
  1. Le déni d’Iphicrate (l. 1-6)

a) Impression de supériorité de la part d’Iphicrate

«  Avançons, je t’en prie (l. 1) » : Formule de politesse pour amadouer Arlequin + impératifs à valeur jussive => reste dans sa position de maître

Iphicrate tutoie Arlequin (« t’ » => pronom personnel objet de la 2e personne du singulier)

b) Reflet critique renvoyé par Arlequin à Iphicrate

– reprise lexicale « je t’en prie » x2 => Arlequin explicite le fait que l’impératif est le contraire de la formule de politesse dans la bouche d’Iphicrate

2. Inversion du rapport de force par la rébellion et la désinvolture (l. 6-25)

a) Iphicrate se fait taquiner par Arlequin

Il se moque du naufrage avec la parodie de chanson (champ sémantique de la navigation : « embarquement », « vogue »)

Arlequin est ironique avec Iphicrate (« Mon cher patron », déterminant possessif + adjectif à connotation affective qui entre en antithèse avec « patron »)

La chanson d’Arlequin fait une allusion parodique à l’embarquement pour Cythère qui est un thème galant. Arlequin se joue du milieu mondain. Il change le mot « Cythère », île de Vénus, pour « Catin » qui signifie « prostituée ».

b) Réaction d’Iphicrate

Didascalie « retenant sa colère » : Iphicrate est partagé entre deux sentiments, l’un lié à sa situation de maître et l’autre à la perte de sa domination

3. Explication des nouvelles règles (l. 25 à la fin)

a) La prise de conscience et la peur d’Iphicrate

Il semble inquiet de ne plus avoir d’esclave => interro-négative l. 25

Il réalise qu’il n’a plus d’esclave => phrase interrogative qui a l’air d’une question rhétorique (ce qui confirmerait qu’Iphicrate a compris le changement) mais qui est en fait une vraie question (Iphicrate continue à espérer rester le maître)

b) La réjouissance d’Arlequin

Il se réjouit du malheur qui va arriver à Iphicrate : « eh bien », interjection + emploi des futurs de l’indicatif et de la tournure à valeur de futur « aller + infinitif »

Hum 1re – Cours du 10 septembre : Exposés sur le renard et sur le diable, figures de manipulateur

Un exposé sur le personnage du renard par Marie Raoul-Jourde :

Un exposé sur le diable comme figure de manipulateur par Mélissa Aghilas :

Hum 1re – Cours du 10 septembre : Recension du Consentement de Vanessa Springora

Dans la continuité du cours, voici le lien vers ma recension de l’ouvrage de Vanessa Springora :

https://www.revue-etudes.com/article/vanessa-springora-le-consentement-22374

Une émission de radio présentant l’ouvrage et ses répercussions